Après six mois à attendre que le notaire, trop grassement payé à mon sens, fasse son travail, j'ai enfin reçu la date de la convocation chez le JAF. Je vais quand même harceler le secrétariat du notaire pour vérifier que le retour de l'hypothèque a bien été transmis à l'avocat !
Ce n'est pas vraiment une nouvelle vie qui commence, l'attente m'a usé et je vais devoir en gérer les effets.
Il y a le temps qui passe, certes mais ce temps qui passe rejoint les vacances judiciaires...
Alors pendant ce temps, je prends le temps d'observer mes enfants, la petite dernière, pas si petite que ça d'ailleurs.
Je l'observe dans ses relations avec son père compte tenu de mon déménagement prochain pour cause de divorce imminent. Ce n'est pas que je sois inquiète...mais je suis très inquiète !
Petitoune veut faire sa troisième au collège du village, ce que je comprends parfaitement.
Mais...son père...son père a comme qui dirait un souci (au moins un) il réagit selon moi comme un adolescent.
Exemple :
Je me sus acheté un ordinateur portable pour libérer la place à l'ordinateur familial. Je fais court. Ils ne sont plus que deux, elle et lui à l'utiliser.
Les quatre autres avons chacun le nôtre !
Quand il rentre du boulot et qu'elle s'y trouve, avant même de dire bonsoir, il lui demande de penser à le lui passer...
Quand il est en congés ... scolaires, il y est de longue. Elle patiente la tite mère et il ne le lui laisse qu'après 22h pour lui dire très rapidement que ce serait bien qu'elle pense à monter se coucher. J'ai dû le menacer de récupérer "mon" écran et de le donner à petitoune quitte à ce que je lui achète une unité centrale...
Pensera t'il à rentrer avant 20 h quand je ne serais plus là ? Je ne dois pas y penser, c'est son père mais comment ne pas me faire du souci ?
Je m'inquiète aussi au sujet de la nourriture. Je ne devrais pas, ce n'est pas une question d'argent mais de mon point de vue, ça s'apparente à de la maltraitance.
Exemple :
Un melon pour 5, une casserole de pâtes et des boulettes de viande en sauce...
Lui : il est gros ce melon, il en restera pour demain midi
re lui : il y a beaucoup de pâtes, le repas de midi est assuré
moi : il y a combien de boulettes par personnes
lui : il y en a beaucoup... petitoune me file un coup de coude et me dis, prends-en 3, après on verra !
14, 21, 23 ans et nous à table : donc la gente adolescente se ressert alors qu'il se tape presque sur la panse tellement il a "bien mangé" !
A la fin du repas, il était vraiment déçu qu'il n'en restât plus rien pour le lendemain... Les gosses n'osent même pas demander ce qu'il y a comme dessert.
Je râle un peu quand je suis là et l'aîné se rend compte de cette manie d'avoir un crabe dans la poche...mais quand je n'y serais plus ?
Acheter un pantalon ? Quelle idée, selon lui, il suffit de laver ceux qu'elle a déjà. A t'il seulement remarqué que ça change un corps d'ado ?
Une autre paire de chaussures ? ben et celles de l'an dernier, les considérations ne sont même pas celles de la mode. Il ne sait pas que les pointures, à 14ans, ça évolue.
Je regarde tout ça sans rien dire le plus souvent. Je suis peinée pour mes enfants. Leur père est un affreux radin.
Il sait quand il lui faut faire la vidange de sa voiture, changer les pneus de sa voiture, celles des deux ainés n'ont pas plus de besoin que la voiture de Oui-Oui !
Je lui suggère d'acheter un congélateur à 160 € chez Emmaüs...trop cher. Je me tais : je vais devoir m'acheter tout ce dont j'aurais besoin dans mon appartement, de la salière au balai à chiottes ! ça ne l'effleure pas. Il me regarde de travers quand je demande aux enfants de ne pas mettre leurs pieds sur celui des canapés avec lequel je partirais...c'est moi qui les ai payé bordel ! Je pourrais les prendre tous les deux, mais j'aimerais que mes enfants s'asseyent , même quand je n'y serais plus.
Je me calme, il faut que je reste zen sinon je purifie tout par le feu !
Quand il m'arrive de ne plus rêver c'est pour sombrer dans la monotonie du quotidien. Mais je gère comme je le peux les aléas de ce même quotidien.
Pour ce divorce...Coup dur quand l'avocat m'indique que je ne suis pas officiellement en instance de divorce. Et pour cause la requête n'a pas pasencore été présentée au JAF.
Tous les corps de métiers raisonnent comme si on était tous spécialistes dans tous les domaines :
Pour l'avocat donc c'est une évidence que je ne suis qu'aux balbutiements qui mènent au divorce !
Pour la banque, il faut l'acte notarié indiquant les formalités de la liquidation de la communauté !
Pour le notaire il faut l'engagement de la banque pour le financement du rachat du bien immobilier !
Pour les organismes de logement social, il faut la notification du divorce ou une attestation de l'avocat concernant le divorce en cours....Je ne sais pas comment c'est ailleurs, mais on est en France et ici le chat adore se mordre la queue !
Plus enthousiasmant encore : on arrive à une sorte de trêve estivale pendant laquelle dixit le notaire, la justice ne s'affole pas !
Voilà que notre "affaire" ne sera pas programmée avant septembre ! au mieux !!!!!
La cohabitation est de plus en plus délicate. Moi qui pensait m'établir ailleurs dans l'été, je suis gâtée !
Je ne suis pas à la rue, certes, mais comment me loger ailleurs si je ne peux pas assumer la caution du loyer ?
Je suis en peine d'envisager que je vais laisser à un propiétaire des sommes importantes en loyer, le temps de disposer des sommes qui me permettraient de penser à acheter un bien !
Cet achat dont je commence à douter compte tenu de ma bêtise.
Partant du principe que j'étais arrivée au monde sans le sou, j'ai accepté l'évaluation médaine faite par un seul agent immobilier pour ne pas aller vers un conflit autour de l'argent !
Mal m'en a pris puisqu'il faut ôter de cette somme (la moitié de la valeur de la maison, moins l'apport initial de mon futur-ex) et la moitié du crédit immobilier en cours.
Je pourrais m'acheter un studio dans la Creuse...Pas sûr que j'en ai envie !
L'été ne sera pas radieux.
Deux mois ou presque, que nous sommes allés rencontrer l'avocat... J'avais choisi celui-ci pour moi, mais "pour ne pas faire trainer les choses",enfin, surtout parce que ça reviendrait moins cher, il a préféré qu'on fasse une procédure commune.
Jusque là, rien à dire, sauf que depuis, il traine...Il doit rencontrer le notaire et le banquier pour faire à l'avocat une proposition concernant le rachat de ma part.
Mais rien à l'horizon, pas la moindre démarche. J'ai lui ai donc écrit ma lassitude et je l'ai menacé de modifier le type de procédure parce que je ne supporte pas de perdre ainsi mon temps dans une sorte de pseudo quiétude qui ne me satisfait sur aucun plan.
J'en ai profité pour lui dresser la liste de mes affaires que j'emporte. Mais j'ai laissé l'un de mes canapés pour que mes enfants s'asseyent ! Je ne prends aucune bibliothèque...Je vais en racheter pour ranger tous mes livres ! Idem pour l'électro ménager, les ustensiles de cuisine et le linge de bain.
C'est le moment que choisi notre troisième enfant pour demander qu'on lui finance une chambre universitaire...Comme elle va rater son bac pour la deuxième fois, rien d'urgent !
Cette situation intermédiaire me pèse, je parviens à garder mon sang-froid mais mon ulcère a plus de mal à jouer la "zénitude" !


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